Impact des Scintigraphies

1. Je viens de passer une scintigraphie osseuse et l'on m'a injecté du technetium 99m. Quels sont les risques pour moi, mon entourage, l'environnement ?

La scintigraphie consiste à administrer au patient une substance radioactive (technétium99m, iode 125, iode 131, iode 123, fluor 18, etc..).
Il s'agit d'une "activité" de plusieurs dizaines de millions à plusieurs centaines de millions de becquerels. Un becquerel correspond à une désintégration par seconde.
La dose subie par le patient dépend du type de radionucléide, de l'activité mise en oeuvre (nombre de becquerels), du métabolisme individuel.
La période physique d'un radionucléide est le temps au bout duquel la radioactivité est divisée par 2. Dans le cas du technétium 99m la période physique est de 6 heures. Il faut attendre 10 périodes (2,5 jours pour le technétium 99m) pour que la radioactivité initiale soit divisée par 1 000). Dans le corps humain, l'élimination est plus rapide car à la désintégration "physique" s'ajoute l'élimination par le métabolisme (transpiration, urines, fécès).
Du fait de sa courte période, et étant donné qu'il n'émet pas de rayonnements bêta, le technétium 99m délivre des doses nettement plus faibles au patient que l'iode 131 (dont l'usage est pratiquement abandonné pour les scintigraphies).

En ce qui concerne la radioprotection du patient, il convient de faciliter l'élimination du produit (par exemple en buvant beaucoup).

En ce qui concerne la protection de l'entourage, il faut tenir compte de plusieurs mécanismes.
Les rayonnements gamma émis par les radionucléides utilisés pour les scintigraphies sont très pénétrants. Une part importante de ces radiations "émane " du corps du patient et peut parcourir plusieurs mètres dans l'air ambiant et atteindre les personnes proches. Pour limiter l'exposition des proches mieux vaut rester à distance (faire chambre à part, limiter les contacts, etc..), tenir compte de l'effet de protection apporté par les matériaux solides (cloisons et murs par exemple). Les sécrétions émises par le patient seront également contaminées (transpiration, urine). Tirer la chasse d'eau plusieurs fois permet d'améliorer le taux d'évacuation des urines et d'éviter la stagnation de matières radioactives dans les toilettes.
Les vêtements souillés peuvent être recueillis dans un bac ou un sac plastique et mis en "décroissance" s'il existe un lieu où les entreposer à l'écart.
Un compteur Geiger peut permettre de vérifier la diminution de la radioactivité du patient, de ses vêtements et des objets qu'il a pu contaminer (clavier d'ordinateur, téléphone portable, etc..).

BC et RD - 28/07/2014